# 20 francs or Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe

> Entre 1814 et 1848, trois rois se succèdent sur le 20 francs or, avec le même poids et le même titre que le napoléon de l'Empire. On reconnaît d'un coup d'œil un roi de la Restauration à l'écu aux trois fleurs de lys du revers, et Louis-Philippe à la légende « ROI DES FRANÇAIS ». Plus de 29 millions de pièces ont été frappées en tout, dont la moitié dans les années 1814 à 1820 : on les rencontre encore souvent dans les héritages.

Mise à jour : 2026-10-30

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Métal | Or 900 ‰ |
| Poids | 6,45 g |
| Or fin | 5,806 g |
| Diamètre | 21 mm |
| Années de frappe | 1814-1815 et 1816-1824 (Louis XVIII), 1825-1830 (Charles X), 1830-1848 (Louis-Philippe) |
| Ateliers | A (Paris), B (Rouen), H (La Rochelle), K (Bordeaux), L (Bayonne), MA (Marseille), Q (Perpignan), T (Nantes), W (Lille) |
| Graveurs | P.-J. Tiolier, A.-F. Michaut, N.-P. Tiolier, Domard |
| Tranche | DOMINE SALVUM FAC REGEM (Restauration), DIEU PROTEGE LA FRANCE (Louis-Philippe) |
| Tirage total | 5 643 979 (buste habillé), 12 743 702 (buste nu), environ 1,69 million (Charles X), 2 376 202 (Louis-Philippe tête nue), 6 868 934 (tête laurée) |
| Références | Le Franc F.517, F.519, F.520 à F.522, F.524, F.525, F.527 ; KM 750 (Louis-Philippe lauré) |

## 20 francs or Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe : reconnaître la pièce

- **Avers** : Portrait du roi et sa titulature. Louis XVIII : « LOUIS XVIII ROI DE FRANCE », buste habillé en 1814-1815, buste nu de 1816 à 1824. Charles X : tête nue à gauche, « CHARLES X ROI DE FRANCE », signature MICHAUT sous le cou. Louis-Philippe : « LOUIS PHILIPPE I ROI DES FRANÇAIS », tête nue signée TIOLIER en 1830-1831, puis tête laurée de Domard de 1832 à 1848.
- **Revers** : Restauration (Louis XVIII et Charles X) : écu couronné aux trois fleurs de lys entre deux branches de laurier, légende « PIÈCE DE 20 FRANCS », lettre d'atelier et millésime en bas. Louis-Philippe : « 20 FRANCS » et le millésime dans une couronne, lettre d'atelier en dessous.
- **Tranche** : Inscription « DOMINE SALVUM FAC REGEM » (Seigneur, sauve le roi) sous la Restauration, en creux. Sous Louis-Philippe : « DIEU PROTEGE LA FRANCE », en creux ou en relief sur la tête nue de 1830-1831, en relief ensuite. Charles X a aussi un rare 1830 à tranche cannelée.
- **Graveur** : Pierre-Joseph Tiolier pour le buste habillé de Louis XVIII ; Auguste-François Michaut pour le buste nu de Louis XVIII et pour Charles X ; Nicolas-Pierre Tiolier pour la tête nue de Louis-Philippe ; Domard pour la tête laurée.

## 20 francs or Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe : millésimes et tirages

Le tableau retient, pour chaque roi, les années et ateliers les plus fréquents et les plus faibles tirages. La lettre d'atelier se lit au revers, sous l'écu ou sous la couronne. Paris (A) et Lille (W) fournissent l'essentiel des pièces ; les petites lettres (H, L, MA, Q, T) et quelques années de Paris, comme **1821**, **1823** et **1845**, sont à regarder de près.

| Année | Atelier | Tirage | Remarque |
| --- | --- | --- | --- |
| 1814 | A | 2 683 837 | Louis XVIII, buste habillé ; « 4 court » et « 4 long » |
| 1814 | W | 59 724 | Le « 4 long » de Lille est la variété rare |
| 1815 | A | 2 467 038 | Dernière année du buste habillé ; existe à tranche lisse |
| 1815 | B | 23 054 | Seule frappe de Rouen pour ce type |
| 1815 | L | 54 702 | Fleur horizontale ou verticale, et date 5 sur 4 |
| 1816 | A | 167 921 | Première année du buste nu |
| 1816 | L | 853 | Plus faible tirage du buste nu |
| 1818 | A | 2 680 950 | Plus fort tirage du buste nu |
| 1818 | W | 1 315 276 | Plus fort tirage de Lille |
| 1821 | A | 11 761 | Très faible tirage pour Paris |
| 1822 | H | 1 253 | Seule frappe de La Rochelle |
| 1823 | A | 12 432 | Très faible tirage pour Paris |
| 1824 | MA | 2 001 | Seule frappe de Marseille |
| 1825 | A | 664 472 | Première année de Charles X |
| 1826 | Q | 4 574 | Seule frappe de Perpignan sous Charles X |
| 1828 | T | 3 151 | Nantes ; couronne à 4 feuilles et demie ou à 5 feuilles |
| 1829 | A | 7 783 | Plus faible tirage de Paris sous Charles X |
| 1830 | A | 431 495 | Charles X ; 4 feuilles et demie, 5 feuilles, date 30 sur 29 |
| 1830 | A | 18 391 | Louis-Philippe, tête nue de Tiolier |
| 1831 | A | 2 161 841 | Tranche en creux ou en relief |
| 1831 | T | 868 | Nantes, tête nue ; tirage minime |
| 1832 | A | 6 360 | Première année de la tête laurée |
| 1834 | L | 20 938 | Seule frappe de Bayonne sous Louis-Philippe |
| 1839 | A | 1 011 622 | Courante |
| 1840 | A | 2 045 362 | Plus fort tirage de Louis-Philippe |
| 1845 | A | 939 | Plus faible tirage de Paris pour la tête laurée |
| 1846 | W | 1 408 | Dernière frappe de Lille |
| 1848 | A | 441 796 | Dernière année de Louis-Philippe |

Tirages d'après les tableaux de BDOR, recoupés avec CoinVarieties pour 1816 L, 1816 W et 1833 A ; la liste des années et ateliers suit le catalogue Le Franc. Quand une année existe en plusieurs variétés, le chiffre couvre l'ensemble. CoinVarieties donne 2 043 736 pour 1840 A. Le 1830 de Charles X à tranche cannelée (F.522) compte 1 797 pièces d'après Wikipédia. Les 871 581 pièces de 1815 frappées à Londres (F.518) ne figurent pas dans le tableau.

## Variantes et faux connus

Ces règnes multiplient les petites variétés, que les catalogues distinguent soigneusement. En 1814, le chiffre 4 de la date existe en forme *courte* ou *longue*. En 1815, plusieurs ateliers de province ont regravé un 5 sur un 4 de l'année précédente (Bordeaux, Bayonne, Perpignan) ; Bayonne et Perpignan se distinguent aussi par la position de leur petit symbole, une fleur ou une grappe, posée à l'horizontale ou à la verticale.

Sous Charles X, la couronne du revers existe en deux gravures : à **quatre feuilles et demie** ou à **cinq feuilles** sur une branche. Comptez les feuilles à la loupe. Le 1830 de Paris porte parfois un 0 regravé sur un 9 (« 30 sur 29 »), et un petit nombre de pièces de 1830 ont une tranche cannelée au lieu de l'inscription. Sous Louis-Philippe, la tête nue de 1830-1831 se partage entre tranche en creux et tranche en relief.

Côté faux, deux pistes. Les dates rares (1816 L, 1822 H, 1845 A) attirent les lettres d'atelier et les chiffres retouchés : examinez le champ autour de la lettre et de la date. Des contrefaçons en or circulent aussi, souvent avec un portrait mou et une tranche mal alignée. Contrôlez 6,45 g, 21 mm et une inscription de tranche nette. Le [guide pour reconnaître une fausse pièce](https://numismatique-strasbourg.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/) détaille la méthode.

## Ne pas confondre avec

Le **20 francs de Napoléon Ier** a le même module et le même poids. Il se reconnaît à son portrait impérial et à la légende « EMPIRE FRANÇAIS » ou « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE » : voyez le [20 francs or Napoléon Ier](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-francs-or-napoleon-ier/). Attention à 1815 : la même année porte des pièces royales et des pièces des Cent-Jours.

Le **40 francs or**, frappé aussi sous Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe, reprend les mêmes portraits mais pèse deux fois plus lourd et mesure 26 mm : voyez le [40 francs or](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/40-francs-or/). Les **écus de 5 francs** en argent de ces règnes portent aussi les mêmes têtes, sur un grand module de 37 mm ([écus de 5 francs](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/5-francs-ecu-argent/)).

Après 1848, le 20 francs passe à la République, avec le [20 francs Génie](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-francs-or-genie/) et le [20 francs Cérès](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-francs-or-ceres/). Enfin, les catalogues signalent des épreuves sur flan bruni (1814, 1815, 1830, 1832, 1846) : leur surface en miroir les distingue des pièces de circulation.

## Les états de conservation de cette pièce

Ces pièces ont circulé longtemps, souvent jusqu'à la fin du XIXe siècle : la plupart des exemplaires trouvés sont en TB ou TTB. Sur les portraits, regardez d'abord les **cheveux au-dessus de l'oreille** et la **joue**, qui se lissent les premiers. Sur le buste habillé de 1814-1815, les plis et broderies de l'habit disparaissent vite. Sur la tête laurée de Louis-Philippe, les nervures des feuilles de laurier sont le meilleur repère.

Au revers de la Restauration, l'écu aux fleurs de lys et la couronne qui le surmonte s'usent avant les branches de laurier. Les fleurs de lys perdent leur relief central. Au revers de Louis-Philippe, suivez les feuilles de la couronne : en TTB, elles restent distinctes ; en TB, elles forment une masse continue.

Un exemplaire SUP garde de l'éclat d'origine autour des lettres. Ne nettoyez pas ces pièces : le frottement laisse des micro-rayures définitives. Voyez le [guide des états de conservation](https://numismatique-strasbourg.fr/guides/etats-de-conservation/) et [pourquoi ne pas nettoyer une pièce](https://numismatique-strasbourg.fr/guides/nettoyer-une-piece/).

## Histoire

La loi du 7 germinal an XI (1803) fixe le 20 francs à 6,45 g d'or à 900 millièmes. À la chute de l'Empire en 1814, Louis XVIII garde ce système et remplace seulement le portrait et les légendes. Pendant les Cent-Jours, Napoléon reprend la frappe ; une partie des 20 francs royaux de 1815 est alors produite à Londres pour le compte du roi en exil.

De retour, Louis XVIII adopte en 1816 un portrait au buste nu, gravé par Michaut, qui sert jusqu'en 1824. Charles X lui succède avec un portrait du même graveur. La révolution de juillet 1830 porte Louis-Philippe au trône : le titre « ROI DES FRANÇAIS » remplace « ROI DE FRANCE », et l'écu aux lys disparaît du revers. Après une tête nue de Tiolier, la tête laurée de Domard s'impose en 1832.

Le nombre d'ateliers frappant l'or se réduit au fil du temps : neuf lettres sous Louis XVIII, puis surtout Paris et Lille sous Louis-Philippe. La révolution de 1848 clôt la série. Ces pièces gardent leur pouvoir libératoire bien après leur règne et circulent jusqu'en 1914. Pour le contexte, voyez les [monnaies du XIXe siècle](https://numismatique-strasbourg.fr/monnaies-francaises/xixe-siecle/).

## 20 francs or Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe à Strasbourg

Le catalogue Le Franc ne recense aucun 20 francs or à la lettre BB entre 1814 et 1848 : sous ces trois rois, l'atelier de Strasbourg frappe de l'argent, par exemple des écus de 5 francs et des 2 francs, mais pas ce type en or. Les 20 francs de Paris et de Lille circulaient pourtant dans l'Alsace française et se retrouvent dans les successions de la région. L'atelier BB ne revient au 20 francs or qu'en 1855, avec le [20 francs Napoléon III](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-francs-or-napoleon-iii/). Son histoire est racontée sur la page des [monnaies de Strasbourg](https://numismatique-strasbourg.fr/monnaies-strasbourg/).

## Questions fréquentes

### Comment savoir quel roi figure sur ma pièce ?

Lisez la légende de l'avers : « LOUIS XVIII », « CHARLES X » ou « LOUIS PHILIPPE I ». Le revers aide aussi : un écu aux fleurs de lys pour la Restauration, une simple couronne avec « 20 FRANCS » pour Louis-Philippe.

### Quelles dates sont rares ?

D'abord les petits ateliers : 1816 L (853 pièces), 1822 H (1 253), 1824 MA (2 001), 1828 T et 1831 T. À Paris, 1821, 1823, 1829, 1832 et surtout 1845 (939 pièces) ont des tirages très faibles.

### Existe-t-il des 20 francs or de ces rois frappés à Strasbourg ?

Les catalogues consultés n'en recensent pas. Une pièce de ces règnes avec la lettre BB demande un examen attentif par un numismate.

### Que signifie « DOMINE SALVUM FAC REGEM » sur la tranche ?

C'est une formule latine, « Seigneur, sauve le roi ». Elle remplace sur la tranche la devise impériale et accompagne les 20 francs de Louis XVIII et de Charles X.

## Sources

- Le Franc, liste des types de 20 francs or (F.517 à F.527)
- Le Franc, 20 francs Louis XVIII tête nue (F.519)
- Le Franc, 20 francs Louis-Philippe Domard (F.527)
- BDOR, 20 francs Louis XVIII buste habillé
- BDOR, 20 francs Louis XVIII buste nu
- BDOR, 20 francs Charles X
- BDOR, 20 francs Louis-Philippe tête nue
- BDOR, 20 francs Louis-Philippe tête laurée
- CoinVarieties, 1816-L 20 francs
- CoinVarieties, 1840-A 20 francs
- Wikipédia, Napoléon (pièce de monnaie)

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Source : https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-francs-or-restauration-louis-philippe/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – STRASBOURG, Maison Or & Bijoux Strasbourg, 30 rue de Rathsamhausen, 67100 Strasbourg, 03 88 41 87 32. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
