Le poids, clé des réformes
Le louis naît en 1640 : un peu plus de 6,75 g d'or à 22 carats, frappé au balancier, ce qui le rend bien rond et rend la rognure visible. Ce poids tient jusqu'en 1709. Cette année-là, la refonte porte le louis à 8,158 g : c'est le louis au soleil.
Sous la Régence, les poids changent très vite. Le louis de Noailles pèse 12,235 g, ceux de 1718 à 1723 environ 9,79 g, le mirliton de 1723 seulement 6,525 g. En janvier 1726, un édit fixe de nouveau le louis à 8,158 g. Ce poids reste le même pour les louis aux lunettes, au bandeau et à la vieille tête, puis pour les premiers louis de Louis XVI.
Dernière réforme : en 1785, le louis est ramené à 7,649 g. Il porte alors deux écus carrés au revers.
Retenez la règle : une pièce qui pèse nettement moins que le poids de son type doit être examinée de près. Elle peut être usée, rognée, percée puis rebouchée, ou fausse.
Demi-louis, double louis et grands multiples
Le demi-louis suit les mêmes types que le louis, à moitié poids : 3,376 g jusqu'en 1709, environ 4,08 g pour le soleil, les lunettes et le bandeau. Il mesure environ 20 mm.
Le double louis n'existe pas pour tous les types. Numista en recense sous Louis XIII (1640-1643), puis pour les types à l'écu, aux quatre L, aux insignes, au soleil, le mirliton, le bandeau, la vieille tête, et pour les deux types de Louis XVI. Celui de la tête nue (1785-1792) mesure environ 28 mm.
En 1640, la Monnaie de Paris a aussi frappé des multiples de 4, 8 et 10 louis. Ce sont des pièces de prestige, restées hors de la circulation courante.
Pour un demi ou un double, procédez comme pour un louis : type, atelier, date, puis poids.
Le louis d'or, de Louis XIII à Louis XVI : variantes et faux connus
Les années 1690 sont celles des réformations : les ateliers refrappaient les louis existants avec un nouveau type au lieu de les refondre. On voit souvent, sous le dessin, des traces de l'ancienne frappe (lettres ou contours doublés). Ce n'est pas un défaut de fabrication moderne, c'est un trait de l'époque, que les catalogues signalent.
Variantes suivies : le mirliton à palmes courtes ou grandes palmes, le louis aux insignes à cheveux courts ou longs, le louis « à la corne » de 1786 BB.
Les louis ont souvent été montés en bijou. Une trace de soudure sur la tranche, une bélière enlevée ou un trou rebouché diminuent fortement l'intérêt de la pièce. Des copies existent aussi, en or bas titre ou en métal doré. Contrôlez le poids au centième de gramme, le diamètre et la netteté des lettres. Notre guide pour reconnaître une fausse pièce détaille ces contrôles.
Le louis d'or, de Louis XIII à Louis XVI : les états de conservation
Sur un louis, regardez d'abord les parties hautes du portrait : la chevelure au-dessus de l'oreille, le laurier ou le bandeau, la joue. Sur les louis de Louis XV et de Louis XVI, les mèches s'effacent les premières.
Au revers, l'usure se voit sur les couronnes qui surmontent les écus ou les L, et sur les fleurs de lis des écus. Quand les perles des couronnes ne se distinguent plus, la pièce a beaucoup circulé.
Des rayures fines et parallèles dans le champ trahissent un nettoyage, qui abaisse l'état (voir nettoyer une pièce). Un cordon de tranche écrasé ou limé signale une pièce rognée ou montée. Pesez la pièce : un écart de plus de quelques centigrammes sur le poids du type doit être expliqué. Notre page sur les états de conservation explique les grades TB, TTB, SUP.