Avers
Buste de jeune femme à gauche, les cheveux noués en tresse, une guirlande d'edelweiss sur le corsage, devant un paysage de montagnes. Légende « HELVETIA » en haut ; signature « F. LANDRY » en bas à droite.
Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Strasbourg · mise à jour le

| Pays | Suisse |
|---|---|
| Métal | Or 900 ‰ (10 % de cuivre) |
| Poids | 6,45 g (6,4516 g) |
| Or fin | 5,806 g |
| Diamètre | 21 mm |
| Épaisseur | 1,25 à 1,3 mm selon les sources |
| Années de frappe | 1897-1916, 1922, 1925-1927, 1930, 1935 ; refrappes L 1935 B (1945-1947), 1947 et 1949 |
| Atelier | Berne (B) |
| Graveur | Fritz-Ulysse Landry |
| Tranche | 22 étoiles en relief, puis « AD LEGEM ANNI MCMXXXI » en 1947 et 1949 |
| Références | KM 35.1 (tranche à étoiles) et KM 35.2 (tranche inscrite) |
| Catégories | étrangères, or |
Le Vreneli est la pièce d'or de 20 francs de la Confédération suisse, frappée à Berne de 1897 à 1935 puis refrappée jusqu'en 1949. On la reconnaît au buste de jeune femme coiffée d'une tresse devant les Alpes, avec « HELVETIA » au-dessus, et à l'écu à croix suisse du revers. Avec près de 59 millions d'exemplaires, dont une grande partie frappée après la guerre, c'est l'une des pièces d'or étrangères les plus répandues en France.
Buste de jeune femme à gauche, les cheveux noués en tresse, une guirlande d'edelweiss sur le corsage, devant un paysage de montagnes. Légende « HELVETIA » en haut ; signature « F. LANDRY » en bas à droite.
Écu à croix suisse posé sur une branche de chêne, avec la valeur faciale « 20 FR. » de part et d'autre, le millésime et la lettre d'atelier « B » (Berne). Sur la refrappe d'après-guerre, la date se lit « L 1935 B ».
La date et la tranche suffisent à situer un Vreneli. Les années 1904, 1905, 1906 et surtout 1926 ont les plus faibles tirages de la frappe courante. À l'inverse, le L 1935 B, le 1947 et le 1949 représentent à eux trois plus des deux tiers de tous les Vreneli.
| Année | Atelier | Tirage | Remarque |
|---|---|---|---|
| 1897 | B | 12 | Essai à la mèche frontale (« Stirnlocke »), tranche « DOMINUS PROVIDEBIT ». |
| 1897 | B | 29 | Frappe en or de la mine de Gondo (Valais). |
| 1897 | B | 400 000 | Première année de la frappe courante. |
| 1903 | B | 200 000 | Date peu fréquente. |
| 1904 | B | 100 000 | Faible tirage. |
| 1905 | B | 100 000 | Faible tirage. |
| 1906 | B | 100 000 | Faible tirage. |
| 1907 | B | 150 000 | Peu fréquent. |
| 1913 | B | 700 000 | Courant. |
| 1915 | B | 750 000 | Plus fort tirage d'avant-guerre. |
| 1916 | B | 300 000 | Dernière date avant l'interruption de 1917-1921. |
| 1922 | B | 2 783 678 | Courant. |
| 1925 | B | 400 000 | Année du 100 francs Vreneli. |
| 1926 | B | 50 000 | Le plus faible tirage de la frappe courante. |
| 1927 | B | 5 015 000 | Très courant. |
| 1930 | B | 3 371 764 | Courant. |
| 1935 | B | 175 000 | Frappe d'origine, sans L. |
| L 1935 B | B | 20 008 813 | Refrappe de 1945 à 1947, lettre L pour « lingot ». |
| 1947 | B | 9 200 000 | Tranche « AD LEGEM ANNI MCMXXXI ». |
| 1949 | B | 10 000 000 | Dernière frappe, même tranche. |
Tirages d'après le tableau de Lugdunum Numismatik, recoupés pour le total (58,6 millions) avec le Dictionnaire historique de la Suisse et Wikipédia, et pour 1926, 1935 et la refrappe L 1935 B avec Wikipédia (en). Les années absentes (1898-1902, 1908-1912, 1914) sont toutes à 300 000 exemplaires ou plus.
Les variétés tiennent en trois repères. La tranche, d'abord : 22 étoiles jusqu'en 1935, inscription latine en 1947 et 1949. La lettre L, ensuite : le 20 francs daté 1935 existe en frappe d'origine (175 000 pièces, sans L) et en refrappe « L 1935 B » de 1945 à 1947, cent fois plus nombreuse. La lettre se trouve devant le millésime ; un Vreneli 1935 sans L mérite donc d'être regardé de près. Enfin les essais de 1897 : douze pièces montrent une mèche de cheveux sur le front, retirée du coin sur décision du Conseil fédéral parce qu'on la jugeait trop légère, et 29 pièces ont été frappées avec de l'or de la mine valaisanne de Gondo.
Le Vreneli est contrefait depuis longtemps, et les faussaires ne se limitent pas aux dates rares : presque toutes les années ont été copiées. Certains faux sont frappés et contiennent de l'or, parfois au bon poids. Les signes relevés sur des exemplaires analysés sont une épaisseur ou un poids légèrement décalés, de l'argent dans l'alliage (les pièces d'origine n'en contiennent pas), des lettres de « HELVETIA » et un « B » mal formés, des chiffres de la date aux bords flous et des étoiles de tranche de forme irrégulière. Mesurez poids, diamètre et épaisseur, puis comparez la tranche avec la date. Pour une date rare, l'avis d'un numismate reste indispensable. Voir le guide reconnaître une fausse pièce.
Le 20 francs Helvetia (1883-1896). Prédécesseur du Vreneli, de même poids et même titre : tête de femme au diadème marqué « LIBERTAS », légende « CONFOEDERATIO HELVETICA », écu surmonté d'une étoile au revers. Ses tirages sont bien plus faibles. Il est présenté avec les 20 francs de l'Union latine.
Le 10 francs Vreneli (1911-1922). Même portrait, mais une pièce de moitié plus légère (3,23 g) et un revers à la croix rayonnante au-dessus d'une branche.
Le 100 francs Vreneli de 1925. Frappé à 5 000 exemplaires, avec la tranche « DOMINUS PROVIDEBIT ».
Les 20 francs français. Le 20 francs Coq montre aussi un buste féminin, mais coiffé d'un bonnet phrygien, avec « REPUBLIQUE FRANÇAISE ». Poids et titre sont identiques, seule la légende tranche.
Les refrappes et les médailles. Le L 1935 B est une refrappe officielle de la Monnaie fédérale, pas une copie. En revanche, des médailles et jetons modernes reprennent le portrait de Landry sans être des pièces de monnaie.
Le portrait de Landry a peu de relief, ce qui rend l'usure rapide à lire. Regardez d'abord la tresse et les mèches au-dessus de l'oreille, puis la joue et le menton : sur une pièce circulée, la chevelure devient une masse lisse. Les petites fleurs d'edelweiss du corsage et le dessin des montagnes à l'arrière-plan sont les détails qui disparaissent ensuite.
Au revers, surveillez les nervures des feuilles de chêne et les bords de l'écu. Une pièce sortie de sac conserve un brillant satiné qui tourne quand on l'incline.
Les Vreneli d'après-guerre (L 1935 B, 1947, 1949) n'ont jamais été monnaie légale et n'ont donc pas servi aux paiements courants. Ils montrent plus souvent de petits chocs de contact dans le champ qu'une usure réelle. Les pièces d'avant 1916, elles, ont servi, et les traces de monture en bijou sont fréquentes. Ne les nettoyez pas : le guide nettoyer une pièce explique pourquoi, et l'échelle est décrite dans le guide états de conservation.
La Suisse adhère à l'Union monétaire latine en 1865 et frappe donc ses pièces d'or selon le même étalon que la France, la Belgique et l'Italie. Son premier 20 francs, l'Helvetia au diadème, est émis de 1883 à 1896. La loi du 6 janvier 1896 autorise un nouveau type. Classé deuxième parmi 21 projets en 1895, celui de Fritz-Ulysse Landry est finalement retenu, puis retouché. Le surnom de « Vreneli », diminutif alémanique de Verena, vient du public. L'identité du modèle reste discutée ; deux femmes sont avancées, sans certitude.
La frappe est régulière jusqu'en 1916, puis reprend par séries isolées entre les deux guerres. Le Vreneli perd son statut de monnaie légale en 1936, au moment de la dévaluation du franc suisse. Après la Seconde Guerre mondiale, la Monnaie fédérale reprend pourtant la frappe, d'abord avec la date 1935 précédée d'un L, puis avec les dates 1947 et 1949. Ces refrappes, produites en très grand nombre, expliquent la fréquence du Vreneli aujourd'hui. Voyez les autres monnaies en or et monnaies étrangères.
Le Vreneli n'a jamais été monnaie légale en France et n'a pas de lien historique propre avec l'Alsace. La proximité de la Suisse et l'abondance des refrappes d'après-guerre font pourtant qu'il revient souvent dans les héritages alsaciens, à côté des 20 francs Napoléon et des 20 marks. Dans ces lots, ce sont surtout les L 1935 B, 1947 et 1949 qu'on rencontre.
L pour « lingot ». Ces pièces ont été frappées de 1945 à 1947 avec la date 1935. Ce sont des pièces officielles, mais très nombreuses : plus de 20 millions.
1926 (50 000 exemplaires), puis 1904, 1905 et 1906 (100 000 chacune) et 1907 (150 000). Le 1935 sans L, frappé à 175 000 pièces, est aussi recherché. Les essais de 1897 sont hors de portée de la plupart des collections.
S'il est daté 1947 ou 1949, c'est normal : ces années portent l'inscription « AD LEGEM ANNI MCMXXXI ». Sur une autre date, l'absence d'étoiles doit faire douter de l'authenticité.
Non. Des faux frappés en or, parfois au bon poids, existent pour presque toutes les années. L'alliage, les détails des lettres, la date et la tranche sont plus parlants que la balance.