20 marks or de l'Empire allemand : variantes et faux connus
Le revers donne déjà une première indication de période. Les pièces de 1871 à 1873 portent la valeur faciale abrégée « 20 M. » ; certaines de ces années montrent aussi un petit rameau de chêne sur le revers. À partir de 1874, la valeur faciale est écrite en entier. En 1890, un nouvel aigle, plus massif, remplace le précédent. En Prusse, 1913 est la seule année où coexistent deux portraits de Guillaume II : la tête nue et le buste en uniforme, qui sera seul en 1914 et 1915.
Le 20 marks fait partie des pièces d'or anciennes les plus contrefaites. Les faux les plus grossiers se trahissent au poids et au diamètre : une pièce authentique pèse 7,965 g pour 22,5 mm. Les contrefaçons plus soignées imitent surtout les États rares, les plus recherchés des collectionneurs. Trois contrôles simples aident : la lettre d'atelier doit exister pour l'année et l'État (un Hambourg porte J, un Bavière D), la tranche doit montrer « GOTT MIT UNS » nettement frappé, et le relief doit être net, sans aspect granuleux de pièce coulée. Pour une date rare, un examen par un numismate s'impose avant toute conclusion. Le guide reconnaître une fausse pièce détaille ces vérifications.
20 marks or de l'Empire allemand : les états de conservation
L'or est un métal tendre mais il ne s'oxyde pas : un 20 marks garde son éclat, et l'usure se lit dans le relief. Sur les portraits prussiens, regardez d'abord les mèches de cheveux au-dessus de l'oreille, la moustache de Guillaume II et, sur le type en uniforme, les détails de l'épaulette et des décorations. Ce sont les premiers points à s'aplatir.
Côté revers, l'aigle s'use sur la poitrine : les plumes du plastron et le petit écu central perdent leur dessin, puis les plumes des ailes se fondent. La couronne au-dessus de l'aigle est aussi un bon repère. Une pièce peu circulée garde son brillant de frappe dans le champ, ce lustre qui tourne quand on incline la pièce.
Beaucoup de 20 marks ont été montés en bijou : traces de soudure sur la tranche, anneau retiré, pièce légèrement déformée. D'autres ont été nettoyés à l'abrasif, ce qui laisse des rayures fines et parallèles dans le champ. Ces défauts pèsent plus que l'usure sur l'intérêt d'une pièce de collection. Le guide états de conservation explique l'échelle utilisée, et il est préférable de ne pas nettoyer une pièce avant de la montrer.
20 marks or de l'Empire allemand : histoire
Après la proclamation de l'Empire en janvier 1871, l'Allemagne unifie sa monnaie. La loi du 4 décembre 1871 crée les pièces d'or impériales de 10 et 20 marks, au titre de 900 millièmes. La loi monétaire du 9 juillet 1873 remplace ensuite les anciennes monnaies d'argent des États (thalers, florins) par le mark adossé à l'or.
Le système est fédéral : l'Empire fixe le métal, le poids et le revers, mais chaque État garde le droit de frapper à l'effigie de son souverain. C'est pourquoi on trouve des 20 marks de Prusse, de Bavière, de Saxe, de Wurtemberg, de Bade, de Hesse, des duchés et principautés, et des villes libres de Hambourg, Brême et Lübeck. Seule la principauté de Lippe n'a émis aucune pièce d'or. Les petits États faisaient frapper leurs pièces dans les ateliers des grands, d'où des lettres B, A ou E sur des pièces de Reuss ou de Saxe-Cobourg.
La frappe de l'or cesse en 1915. Dès août 1914, la convertibilité est suspendue et l'or disparaît de la circulation, la population étant invitée à le remettre à la Reichsbank. Une grande partie des pièces a été fondue au fil du XXe siècle, mais les tirages étaient si élevés que le 20 marks reste aujourd'hui l'une des pièces d'or étrangères les plus fréquentes en France. Pour les autres monnaies de cette époque, voyez la rubrique monnaies étrangères.