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Monnaies anciennes

Monnaies gauloises

IIIe-Ier s. av. J.-C.

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Strasbourg · mise à jour le

Statère en or des Parisii, tête stylisée, aversStatère en or des Parisii, cheval sous un filet, revers
Photos : Bibliothèque nationale de France (Gallica), domaine public, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
MétauxOr, électrum, argent, bronze, potin (alliage riche en étain, coulé)
FabricationFrappe au marteau ; coulée en moule pour les potins
PériodeIIIe siècle au Ier siècle av. J.-C., quelques émissions sous Auguste
LégendesRares ; noms de chefs ou de peuples en lettres latines ou grecques
Modèle de départStatère d'or de Philippe II de Macédoine (Apollon, char à deux chevaux)
RéférencesLa Tour (LT), Delestrée et Tache (DT), Blanchet (1905), BnF
Catégoriesanciennes

Les peuples gaulois ont frappé et coulé leurs propres monnaies pendant les trois derniers siècles avant notre ère, jusqu'à la conquête romaine et un peu au-delà. On les reconnaît à leur style très stylisé : têtes réduites à quelques traits, chevaux disloqués, symboles en forme de roue, de lyre ou de sanglier, presque toujours sans légende. Les petites pièces d'argent et les potins de l'est de la Gaule sont les plus souvent rencontrés.

Identification

Monnaies gauloises : reconnaître la pièce

Statère en or des Parisii, tête stylisée, avers

Avers

Le plus souvent une tête tournée à gauche ou à droite, héritée de l'Apollon des statères grecs, de plus en plus stylisée : mèches en S, œil démesuré, profil réduit à des traits. Quelques monnaies portent un nom en lettres latines ou grecques, comme « VERCINGETORIXS », « TOGIRIX » ou « Q DOCI ».

Statère en or des Parisii, cheval sous un filet, revers

Revers

Un cheval, seul ou attelé à un char, souvent conduit par un aurige réduit à quelques traits, parfois accompagné d'une roue, d'un sanglier, d'un oiseau ou d'une lyre. Sur les potins des Leuques, un sanglier-enseigne.

Tranche
Irrégulière. Les flans des monnaies frappées sont épais et souvent plus petits que les coins, d'où des types incomplets. Les potins, coulés dans des moules en chapelet, gardent souvent un reste de jet de coulée sur le bord.
Graveur
Inconnu. Les catalogues de référence sont l'Atlas des monnaies gauloises d'Henri de La Tour (1892, numéros LT) et le Nouvel atlas des monnaies gauloises de Delestrée et Tache (2002-2008, numéros DT).
Millésimes et tirages

Monnaies gauloises : les dates à connaître

Aucune monnaie gauloise n'est datée. Les numismates les situent par les trouvailles en fouille, le style et le poids. Le tableau présente les grandes familles et quelques types de l'est de la Gaule bien attestés ; les dates sont celles des catalogues, à quelques décennies près.

Monnaies gauloises : millésimes et tirages
TypePeuple ou régionMétalPériodeRemarque
Statère imité de Philippe IIPlusieurs peuplesOrIIIe s. av. J.-C.Premières monnaies gauloises, copies du statère macédonien.
Statère à la tête et au chevalArvernes, Parisii, Bellovaques…Or ou électrumIIe – Ier s. av. J.-C.Style propre à chaque peuple ; l'or s'appauvrit avec le temps.
Statère de VercingétorixArvernesOrVers 52 av. J.-C.Porte le nom du chef ; une trentaine d'exemplaires recensés.
Quart de statèreNombreux peuplesOr ou électrumIIe – Ier s. av. J.-C.Même types en réduction.
Statère dit de Morville ou de LessyMédiomatriques (région de Metz)Or ou électrumIer s. av. J.-C.Dérivé du type à la tête janiforme (DT 613-614).
Bronze au pégase, légende MEDIOMAMédiomatriquesBronzeVers 60 – 40 av. J.-C.Un des rares types portant le nom du peuple.
Potin à la tête d'indienLeuques (région de Toul)PotinVers 75 – 50 av. J.-C.Tête à bandeau, sanglier-enseigne au revers ; nombreuses classes.
Potin à la grosse têteSéquanes (région de Besançon)PotinIer s. av. J.-C.Type classique des Séquanes.
Denier Q DOCI / SAM FSéquanesArgentVers 57 – 50 av. J.-C.Tête casquée, cheval galopant ; l'un des deniers séquanes les plus abondants.
Monnaies au nom de TOGIRIXSéquanesArgent et bronzeMilieu du Ier s. av. J.-C.Petites pièces d'argent et petits bronzes frappés.

Types et dates d'après Wikipédia (FR), « Monnaie gauloise », et les notices de CGB.fr (Leuques, Séquanes, Médiomatriques), qui renvoient aux numéros LT et DT. Les attributions aux peuples restent des propositions des catalogues : plusieurs ont changé au fil des études.

Monnaies gauloises : les pièces à ne pas confondre

Les monnaies de Marseille (Massalia), colonie grecque, ont circulé en Gaule dès le VIe siècle avant notre ère : oboles et drachmes d'argent au style grec, avec légende grecque. Elles ont servi de modèle à des imitations gauloises, notamment dans la vallée du Rhône, mais elles relèvent des monnaies grecques.

Les petits bronzes romains très usés, surtout les imitations coulées du IIIe siècle, sont parfois pris pour des gaulois : regardez s'il reste une trace de portrait impérial ou de légende latine, et voyez la fiche des monnaies romaines.

Les monnaies celtiques d'Europe centrale, comme les petites pièces d'or bombées que les Allemands appellent « Regenbogenschüsselchen », relèvent d'autres peuples celtes, même si quelques-unes ont été trouvées dans le Rhin supérieur.

Enfin, beaucoup de reproductions sont vendues dans les boutiques de musées et de sites archéologiques : souvent en laiton, au poids incorrect, avec parfois une marque discrète au revers. Un statère d'or « en parfait état » doit éveiller la méfiance.

Monnaies gauloises : variantes et faux connus

Chaque type gaulois se décline en nombreuses classes : un point de plus devant le sanglier, une mèche en plus, un symbole sous le cheval suffisent à changer d'attribution. Les catalogues de vente de CGB distinguent ainsi plus d'une dizaine de classes du seul potin leuque. C'est pourquoi l'identification se fait en comparant la pièce aux planches du La Tour et du Delestrée-Tache, détail par détail.

Les statères d'or sont les plus copiés, et pas seulement aujourd'hui : dès l'Antiquité, des pièces fourrées à âme de bronze recouverte d'or ont circulé. Les faux modernes sont souvent coulés, avec une surface granuleuse, des bulles et un relief mou ; d'autres sont frappés avec des coins récents, plus difficiles à repérer. Un poids trop faible ou trop fort, une couleur trop vive pour un or gaulois souvent pâle ou rougeâtre, un style trop « propre » sont autant d'alertes.

Pour les potins, la difficulté est inverse : ce sont des pièces coulées par nature. On regarde alors la patine, l'alliage et la netteté des contours. Le guide reconnaître une fausse pièce rappelle les contrôles de base.

Monnaies gauloises : les états de conservation

Une monnaie gauloise se juge d'abord sur ce qui reste visible du type. Sur l'avers, la ligne du profil, l'œil et les mèches de cheveux s'effacent en premier ; sur le revers, la tête et les pattes du cheval, puis les symboles du champ. Comme les coins étaient souvent plus grands que les flans, une pièce bien centrée, où l'on voit le cheval entier, est recherchée, indépendamment de l'usure.

Les potins, coulés dans un alliage tendre, ont souvent des contours flous dès l'origine : un potin net, où l'on lit tous les détails, est rare. Leur patine, brune, verte ou noire, doit être stable ; une corrosion poudreuse vert clair ou des cratères signalent une pièce qui continue de se dégrader.

L'or gaulois ne se corrode pas, mais il marque : petits coups, traces d'essai à la pointe ou à la lime faites par des marchands anciens. Ne nettoyez pas une monnaie gauloise : la patine et les dépôts de terre aident aussi à juger de l'authenticité. Voir le guide états de conservation.

Monnaies gauloises : histoire

Les Gaulois découvrent la monnaie au contact des Grecs de Marseille, puis, à partir du IIIe siècle avant notre ère, se mettent à copier le statère d'or de Philippe II de Macédoine, frappé au IVe siècle et arrivé en Gaule par les mercenaires et le commerce. Le profil d'Apollon et le char à deux chevaux sont repris, puis transformés peuple par peuple jusqu'à l'abstraction : le char devient un cheval seul, l'aurige quelques traits.

Au IIe et au Ier siècle, les monnaies se diversifient : petites pièces d'argent dans le centre-est, alignées sur le quinaire romain, bronzes frappés et potins coulés pour les petits échanges. Certains chefs inscrivent leur nom : le statère d'or de Vercingétorix, frappé chez les Arvernes, en est l'exemple le plus connu. Chez les Séquanes, les noms de Togirix et de Q. Docius apparaissent sur des pièces présentes dans les fossés d'Alésia.

Après la conquête, les émissions gauloises se raréfient et disparaissent au début du Ier siècle de notre ère, remplacées par les monnaies romaines. La règle de provenance est la même que pour toute monnaie antique : l'usage d'un détecteur de métaux pour chercher des objets archéologiques demande une autorisation (article L542-1 du Code du patrimoine). Voir la rubrique monnaies anciennes.

À Strasbourg

Monnaies gauloises en Alsace

Au moment de la conquête, le nord de l'Alsace est occupé par les Triboques, peuple que les auteurs antiques disent germanique et qui avait combattu dans l'armée d'Arioviste ; leur territoire correspond à peu près à l'ancien diocèse de Strasbourg. Aucune monnaie ne leur est attribuée avec certitude dans les sources consultées. Leurs voisins, en revanche, ont frappé des types bien identifiés : les Médiomatriques autour de Metz, les Leuques autour de Toul, les Séquanes autour de Besançon. Un trésor de monnaies gauloises trouvé en Alsace est entré au musée de Saint-Germain-en-Laye et a été présenté à l'Académie des inscriptions en 1881.

Monnaies gauloises : questions fréquentes

Comment savoir à quel peuple appartient ma monnaie gauloise ?

En comparant le type, détail par détail, aux planches des catalogues La Tour et Delestrée-Tache. Le lieu de découverte, quand il est connu, aide beaucoup ; un numismate peut faire cette recherche avec vous.

Qu'est-ce qu'un potin ?

Une monnaie coulée, et non frappée, dans un alliage de bronze riche en étain. Les potins étaient coulés en chapelet dans des moules, d'où le petit reste de métal parfois visible sur le bord.

Ma pièce n'a pas de légende : est-ce normal ?

Oui. La grande majorité des monnaies gauloises sont anépigraphes. Seuls quelques types portent un nom de chef ou de peuple.

Les monnaies gauloises sont-elles toutes en or ?

Non. Les statères d'or sont les plus célèbres, mais l'argent, le bronze et le potin sont bien plus fréquents, surtout dans l'est de la Gaule.

Pour aller plus loin
Sources