Quatre types, comment les distinguer
La Cérès montre une tête de femme couronnée d'épis de blé, la déesse des moissons. Elle apparaît deux fois : en 1850-1851 sous la IIe République, puis de 1878 à 1899 sous la IIIe, avec des tirages beaucoup plus faibles.
Napoléon III tête nue (1854-1860) existe en deux tailles. En 1854 et 1855, le petit module mesure environ 17 mm : il était jugé trop petit et facile à perdre. À partir de 1855, le grand module passe à 19 mm, sans changer de poids, la pièce devenant plus mince. Les deux tailles coexistent donc en 1855.
Napoléon III tête laurée (1862-1868) porte une couronne de laurier dans les cheveux. En 1862, un type de transition, dit hybride, a un « 10 » plus petit au revers que le type définitif.
Le Coq (1899-1914), de Jules-Clément Chaplain, montre Marianne coiffée du bonnet phrygien et un coq au revers. C'est la réduction du 20 francs Coq. Il ne porte pas de lettre d'atelier.
Il n'existe pas de 10 francs or au Génie : ce dessin n'a servi que pour les 20, 50 et 100 francs. Pour mesurer, un pied à coulisse suffit ; le 10 francs fait 19 mm, le 20 francs 21 mm.
10 francs or : variantes et faux connus
Les variétés tiennent souvent à des détails visibles à la loupe. Le petit module de 1854 existe à tranche lisse, avec un grand ou un petit A, puis à tranche cannelée. La Cérès de 1850 a deux variétés de coiffure, l'oreille dégagée ou couverte. La tête laurée de l'atelier BB existe en petit et grand BB de 1863 à 1866. En 1860, les pièces de Paris diffèrent par la forme du 6 et par le différent. Le Coq de 1899 et 1900 existe sur flan mat, une surface sans brillant voulue à la frappe.
Les pièces sur flan bruni de 1878 (30 exemplaires) et 1889 (100 exemplaires) ont été frappées pour les Expositions universelles de Paris ; on ne les rencontre pas dans les héritages.
Le 10 francs or a été contrefait, surtout dans les types Napoléon III et Coq. Une pièce de 3,22 g se mesure mal à l'œil, d'où l'intérêt d'une balance au centième : un écart de plus de quelques centièmes doit alerter, de même qu'une épaisseur anormale pour un diamètre de 19 mm. Regardez aussi la régularité des cannelures de la tranche et la finesse des cheveux. Le guide pour reconnaître une fausse pièce détaille ces contrôles.
10 francs or : les états de conservation
Sur une pièce de 19 mm, les détails sont petits et s'usent vite. Quelques années de circulation suffisent à faire passer un 10 francs de SUP à TTB.
Sur Napoléon III, regardez d'abord les cheveux au-dessus de l'oreille, puis la barbiche ; sur la tête laurée, les nervures des feuilles de laurier disparaissent en premier. Sur la Cérès, les épis de blé et les mèches sur le front sont les points hauts : en TB, les grains des épis ne se distinguent plus. Sur le Coq, les cheveux de Marianne au-dessus du front et le bord du bonnet s'usent les premiers ; au revers, ce sont les plumes du poitrail et de l'aile du coq.
Les champs, petits, montrent vite les rayures et les chocs, qui pèsent plus qu'ailleurs dans le jugement. Une pièce trouée, montée en bijou puis démontée, ou soudée perd l'essentiel de son intérêt de collection. Ne nettoyez jamais un 10 francs or : voyez pourquoi ne pas nettoyer une pièce et le guide des états de conservation.
10 francs or : histoire
Le 10 francs or naît sous la IIe République, en 1850, alors que les 20 et 40 francs existaient depuis 1803. L'or arrive alors en abondance de Californie, et une petite pièce d'or devient utile pour les paiements courants. Le Second Empire en frappe à grande échelle, à Paris et dans l'atelier BB : plus de 60 millions de têtes nues grand module et 31 millions de têtes laurées.
Sous la IIIe République, la Cérès revient de 1878 à 1899 mais en petites quantités : 2,4 millions de pièces en tout. Le Coq de Chaplain la remplace en 1899 et reste frappé jusqu'en 1914. Comme le 20 francs, le 10 francs or cesse de circuler avec la Première Guerre mondiale. Pour situer ces pièces, voyez les monnaies françaises du XIXe siècle et la page des monnaies en or.