Les sept types, du Consulat aux Cent-Jours
Le 20 francs a changé de dessin au rythme du régime. Le premier type, en l'an XI et l'an 12, montre Bonaparte Premier Consul, tête nue, gravé par Tiolier. Quand Napoléon devient empereur, en l'an 12, la légende passe à « NAPOLEON EMPEREUR » mais le revers garde « REPUBLIQUE FRANÇAISE » : c'est le type dit à buste intermédiaire.
Droz grave ensuite une nouvelle tête nue, datée an 13 et an 14, puis 1806 quand la France revient au calendrier grégorien. En 1807, un type transitoire à « grosse tête » précède la tête laurée, introduite la même année. Le revers reste républicain jusqu'en 1808.
Un décret du 22 octobre 1808 remplace « REPUBLIQUE FRANÇAISE » par « EMPIRE FRANÇAIS » à compter de 1809. Ce dernier type est de loin le plus frappé. Il est repris en 1815, au retour de l'île d'Elbe, à Paris, Bayonne et Lille : ce sont les 20 francs des Cent-Jours, que seule leur date distingue des pièces de 1809-1814.
20 francs or Napoléon Ier : variantes et faux connus
Les catalogues suivent plusieurs petites variantes. En 1810 à Paris, le coq qui sert de différent existe en grand ou en petit module. En 1808 à Toulouse, certains exemplaires portent sous le laurier un défaut en forme de corne. Les dates de Rome, de Turin et de Lille existent avec un millésime large ou serré, et Utrecht a frappé « 1813 » ou « 18 13 ». En 1815, on trouve à Paris un 5 regravé sur un 4. Le type de l'an 12 Napoléon Empereur est aussi connu en frappe médaille et sans point après « FRANÇAISE ».
Le 20 francs Napoléon Ier a été contrefait, comme tous les 20 francs or, souvent avec un métal au bon titre. Les points de contrôle sont simples : 6,45 g, 21 mm, une tranche aux lettres régulières et bien alignées. Méfiez-vous d'un portrait mou, de mèches peu détaillées ou d'un champ granuleux. Une lettre d'atelier rare (H, K, Q, T, CL) ou un an XI se vérifient toujours à la loupe : une lettre ou un chiffre peuvent avoir été retouchés sur une pièce courante. Le guide pour reconnaître une fausse pièce détaille la méthode.
20 francs or Napoléon Ier : les pièces à ne pas confondre
Plusieurs pièces voisines prêtent à confusion. Le 40 francs or de Napoléon reprend les mêmes dessins, mais il pèse 12,90 g et mesure 26 mm : voyez la fiche du 40 francs or. Le 20 francs Napoléon III, frappé de 1853 à 1870, porte la légende « NAPOLEON III EMPEREUR » : le chiffre romain et la date suffisent à les séparer.
En 1814 et 1815, entre les deux règnes de Napoléon, Louis XVIII fait frapper ses propres 20 francs, au buste habillé : ils sont présentés sur la fiche des 20 francs or de la Restauration. Une pièce datée 1815 peut donc être impériale ou royale ; lisez la légende.
Les États confiés à la famille Bonaparte ont aussi frappé de l'or au même module, par exemple les 20 lire du royaume d'Italie au nom de « NAPOLEONE ». Leur légende est en italien et leur atelier n'est pas français. Enfin, beaucoup de familles appellent « louis » tout 20 francs or : le louis d'or royal est une autre pièce, antérieure à 1793.
20 francs or Napoléon Ier : les états de conservation
Sur l'avers, l'usure commence par les reliefs les plus hauts du profil : la chevelure au-dessus de l'oreille, la tempe et la pommette. Sur les types lauréés, regardez les feuilles de laurier : en bon état, chaque feuille garde sa nervure centrale ; sur une pièce très circulée, elles forment une masse plate. Sur les types tête nue, les mèches sur la nuque disparaissent en premier.
Au revers, la couronne qui entoure « 20 FRANCS » est le meilleur repère : comptez les feuilles que vous distinguez encore et regardez le nœud du bas. Les légendes, proches du listel, restent lisibles longtemps et ne servent pas à juger l'état.
Beaucoup de ces pièces ont été montées en bijou ou portent des chocs sur la tranche. Un anneau dessoudé laisse une trace sur le bord, souvent visible au-dessus de la tête. Ne nettoyez jamais la pièce : un frottement efface le brillant d'origine et laisse des rayures fines qui font baisser l'état. Voyez le guide des états de conservation et pourquoi ne pas nettoyer une pièce.
20 francs or Napoléon Ier : histoire
La loi du 7 germinal an XI fixe le système monétaire qui restera en place plus d'un siècle : le franc d'argent de 5 g, et des pièces d'or de 20 et 40 francs au titre de 900 millièmes, à raison de 155 pièces de 20 francs par kilogramme. Le 20 francs reçoit ainsi son poids de 6,45 g, qu'il gardera jusqu'en 1914.
La pièce succède au louis d'or de l'Ancien Régime, et l'habitude de dire « louis » a longtemps survécu. Le surnom de « napoléon », lui, se serait surtout répandu sous le Second Empire, d'après Wikipédia. Sous l'Empire, la carte des ateliers suit les conquêtes : Turin dès 1805, puis Rome, Gênes et Utrecht entre 1812 et 1814. Ces frappes lointaines, faites à quelques milliers d'exemplaires, expliquent la rareté de certaines lettres.
Après Waterloo, le portrait change mais le module et la tranche restent. Pour la suite, voyez les monnaies françaises du XIXe siècle et les autres monnaies en or.