Avers
Napoléon III : portrait à droite, tête nue puis tête laurée, signé BARRE sous le cou, légende « NAPOLEON III EMPEREUR ». Génie : figure ailée qui grave une tablette, entre un faisceau et un coq, légende « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ».
Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Strasbourg · mise à jour le

| Métal | Or 900 ‰ |
|---|---|
| Poids | 16,13 g |
| Or fin | 14,516 g |
| Diamètre | 28 mm |
| Années de frappe | 1855-1859 (tête nue), 1862-1868 (tête laurée), 1878-1904 (Génie) |
| Ateliers | A (Paris), BB (Strasbourg) pour Napoléon III ; A seul pour le Génie |
| Graveur | Barre ; dessin du Génie par Augustin Dupré |
| Tranche | DIEU PROTEGE LA FRANCE, en relief |
| Tirage total | 764 385 (tête nue), 166 989 (tête laurée), 26 975 (Génie) |
| Références | Le Franc F.547 (tête nue), F.548 (tête laurée), F.549 (Génie) ; Gadoury 1111 et KM 785 (tête nue), Gadoury 1113 (Génie) |
| Catégories | françaises, or |
La pièce de 50 francs or pèse deux fois et demie un napoléon : 16,13 g pour 28 mm. Elle existe en trois types, Napoléon III tête nue (1855-1859), tête laurée (1862-1868) et Génie de la IIIe République (1878-1904). Les deux types impériaux, frappés à Paris et à Strasbourg, sont de loin les plus nombreux ; le Génie ne dépasse pas 27 000 exemplaires.
Napoléon III : portrait à droite, tête nue puis tête laurée, signé BARRE sous le cou, légende « NAPOLEON III EMPEREUR ». Génie : figure ailée qui grave une tablette, entre un faisceau et un coq, légende « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ».
Napoléon III : écu à l'aigle posé sur un foudre, entouré du collier de la Légion d'honneur, sous la légende « EMPIRE FRANÇAIS » ; « 50 FR » de part et d'autre, lettre d'atelier et millésime en bas. Génie : montant et millésime dans une couronne.
Le tableau donne toutes les combinaisons année et atelier recensées par Le Franc. Sous Napoléon III, l'atelier BB a frappé huit millésimes ; en 1859 et en 1867, il produit même davantage que Paris. Les dates à faible tirage sont 1865 A, 1868 A et 1868 BB pour l'Empire, et la plupart des Génie.
| Année | Atelier | Tirage | Remarque |
|---|---|---|---|
| 1855 | A | 151 754 | Première année ; existe à tranche lisse |
| 1855 | BB | 6 854 | Première frappe de l'atelier BB pour ce module |
| 1856 | A | 96 564 | Paris seul |
| 1857 | A | 319 501 | Plus fort tirage du type ; Paris seul |
| 1858 | A | 85 140 | |
| 1858 | BB | 9 135 | Tirage faible |
| 1859 | A | 34 025 | Dernière année de la tête nue |
| 1859 | BB | 61 374 | L'atelier BB dépasse Paris ; chiffre discuté, voir la note |
| 1862 | A | 24 418 | Première année de la tête laurée |
| 1862 | BB | 7 310 | |
| 1863 | BB | 8 251 | Aucune frappe de Paris cette année |
| 1864 | A | 28 682 | |
| 1865 | A | 3 740 | Tirage très faible |
| 1866 | A | 39 155 | Plus fort tirage de la tête laurée |
| 1866 | BB | 17 307 | |
| 1867 | A | 11 671 | |
| 1867 | BB | 20 437 | Plus fort tirage BB de la tête laurée, supérieur à Paris |
| 1868 | A | 4 223 | Tirage très faible |
| 1868 | BB | 1 795 | Plus faible tirage du module ; dernière frappe BB |
| 1878 | A | 5 294 | Génie ; plus 30 pièces sur flan bruni |
| 1887 | A | 301 | Génie, date rare |
| 1889 | A | 100 | Génie, flan bruni, Exposition universelle |
| 1896 | A | 800 | Génie |
| 1900 | A | 200 | Génie, date rare |
| 1904 | A | 20 250 | Génie, plus fort tirage du type |
Tirages d'après les tableaux de BDOR et d'Abacor, identiques sauf pour 1859 A (34 025 chez BDOR, 34 063 chez Abacor) ; la liste des combinaisons suit Le Franc (F.547/1 à /8, F.548/1 à /11, F.549/1 à /6). Pour 1859 BB, CGB (d'après Le Franc) indique 61 354 pièces, CoinVarieties 61 534, et le catalogue Krause, cité par Greysheet, 32 000. CoinVarieties, d'après Le Franc, donne 6 850 pour 1855 BB.
Commencez par l'avers. Un portrait d'homme barbu désigne Napoléon III : s'il porte une couronne de laurier dans les cheveux, la pièce date de 1862 à 1868 ; sinon, de 1855 à 1859. Une figure ailée signale le Génie de la IIIe République, frappé entre 1878 et 1904.
Sur les pièces impériales, la lettre d'atelier se trouve au revers, en bas, à côté du millésime : A pour Paris, BB pour Strasbourg. Lyon et Bordeaux n'ont jamais frappé ce module. Le Génie, lui, ne porte que la lettre A.
Quelques repères aident à situer une date. En 1856 et 1857, seul Paris a frappé ; en 1863, seul Strasbourg. Aucune 50 francs n'est datée 1860, 1861 ou 1869-1877. Le Génie ne compte que six millésimes (1878, 1887, 1889, 1896, 1900, 1904), dont un seul, 1904, dépasse 20 000 exemplaires. Une pièce datée d'une autre année, ou un Génie avec une lettre autre que A, doit être examinée avec soin.
Les variétés de la 50 francs or sont surtout des pièces spéciales. En 1855, Paris a frappé des exemplaires à tranche lisse, à côté des essais sur flan bruni. En 1862 et 1868, des essais de la tête laurée existent aussi à tranche lisse. Pour le Génie, les 30 pièces sur flan bruni de 1878 et les 100 pièces de 1889 sont liées aux Expositions universelles de Paris ; deux essais de 1878, dont un à « grande écriture », complètent la série.
Abacor signale qu'une partie des pièces comptées pour 1866 A porte en fait le millésime 1865 : le tirage réel de 1865 est donc incertain.
Les faux existent, en or ou en métal doré, et visent surtout les dates rares du Génie (1887, 1900) et les belles impériales. Les signes d'alerte : un poids éloigné de 16,13 g, un diamètre différent de 28 mm, des lettres de tranche irrégulières, un portrait ou des plumes d'ailes sans détail. Une date retouchée sur une pièce courante (1904 changé en 1900, par exemple) se voit à la loupe autour du dernier chiffre. Le guide pour reconnaître une fausse pièce détaille les contrôles.
Le 20 francs Napoléon III porte les mêmes portraits mais mesure 21 mm et pèse 6,45 g (20 francs Napoléon III). Le 100 francs or reprend aussi les mêmes types, Napoléon III et Génie, sur un module de 35 mm pour 32,26 g : voyez le 100 francs or. Une règle graduée suffit à trancher.
La 50 francs or impériale succède au 40 francs or de Louis-Philippe, qui a son propre module de 26 mm. Le Génie de 50 francs ne doit pas être confondu avec le 20 francs Génie, très courant, qui montre exactement la même scène en plus petit.
Enfin, la 50 francs Hercule des années 1974-1980 est en argent : même valeur faciale, mais un grand module de 41 mm et un tout autre dessin.
Le module plus large de la 50 francs garde mieux les détails qu'un 20 francs, mais les points d'usure sont les mêmes. Sur la tête nue, regardez les cheveux au-dessus de l'oreille et la pommette. Sur la tête laurée, les nervures des feuilles de laurier s'effacent les premières. Au revers impérial, l'aigle, le foudre et les maillons du collier sont fins et s'usent vite.
Sur le Génie, le haut du corps de la figure et les plumes des ailes sont touchés en premier, puis le plumage du coq. Au revers, les feuilles de la couronne perdent leurs nervures.
Ces pièces lourdes se marquent facilement au contact les unes des autres : coups sur la tranche, chocs dans les champs. Ces défauts comptent dans la note d'état autant que l'usure. Ne nettoyez jamais la pièce. Voyez le guide des états de conservation et pourquoi ne pas nettoyer une pièce.
La pièce de 50 francs or est créée par un décret du 12 décembre 1854. C'est alors une nouveauté : aucune monnaie française n'avait eu ce montant. Les frappes commencent en 1855 à Paris et à Strasbourg, avec le portrait tête nue de Napoléon III. En 1862, la tête laurée la remplace, comme sur les autres pièces d'or de l'Empire.
Les tirages restent modestes à côté des 20 francs : moins d'un million de pièces pour les deux types impériaux, car la 50 francs sert surtout aux gros règlements et aux réserves des banques. La frappe impériale s'arrête en 1868.
La IIIe République reprend le module avec le Génie de Dupré. Les frappes sont rares et irrégulières, parfois liées aux Expositions universelles de 1878 et 1889 ; la dernière date de 1904. Pour le contexte, voyez les monnaies du XIXe siècle et les monnaies d'or.
L'atelier de Strasbourg a frappé la 50 francs or sur huit millésimes : 1855, 1858 et 1859 pour la tête nue, 1862, 1863, 1866, 1867 et 1868 pour la tête laurée, soit environ 132 000 pièces. L'année 1859 est la plus marquante : avec environ 61 000 exemplaires, la 50 francs 1859 BB est presque deux fois plus nombreuse que celle de Paris la même année ; le cas se répète en 1867, avec 20 437 pièces BB contre 11 671 à Paris. En 1863, l'atelier BB est même le seul à frapper ce module. La 1868 BB, à 1 795 exemplaires, est le plus faible tirage de toutes les 50 francs or. L'histoire de l'atelier est racontée sur la page des monnaies de Strasbourg.
Oui. Le catalogue Le Franc la recense sous le numéro F.547/8. Son tirage est d'environ 61 000 pièces (61 374 selon BDOR, 61 354 selon CGB), plus que la 1859 de Paris.
Par la taille et le poids : 28 mm et 16,13 g pour la 50 francs, 35 mm et 32,26 g pour la 100 francs. Le revers indique aussi « 50 FR » ou « 100 FRS ».
Pour Napoléon III, 1865 A, 1868 A et 1868 BB, toutes sous 5 000 exemplaires. Pour le Génie, 1887 (301), 1889 (100) et 1900 (200) ; 1896 (800) reste rare aussi.
Non. Le Génie de 50 francs n'a été frappé qu'à Paris. Une lettre BB sur ce type doit faire douter de la pièce.