Avers
La Semeuse, pieds nus, coiffée du bonnet phrygien, avance vers la gauche en lançant des graines ; le soleil se lève à l'horizon. Légende « REPUBLIQUE FRANÇAISE », signature « O. ROTY ».
Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Strasbourg · mise à jour le

| Métal | Argent 835 ‰ |
|---|---|
| Poids | 2,5 g (50 c), 5 g (1 F), 10 g (2 F) |
| Argent fin | 2,09 g, 4,18 g et 8,35 g |
| Diamètre | 18 mm (50 c), 23 mm (1 F), 27 mm (2 F) |
| Tranche | Cannelée |
| Années de frappe | 1897 à 1920 pour le 50 centimes, 1898 à 1920 pour le 1 et le 2 francs |
| Ateliers | Paris (sans lettre), Castelsarrasin (C) en 1914 pour le 1 et le 2 francs |
| Graveur | Oscar Roty |
| Démonétisation | Loi du 25 juin 1928 |
| Références | Le Franc F.217 (1 F) et F.266 (2 F), Gadoury 467 (1 F) et 532 (2 F), KM 844 (1 F) et KM 845 (2 F) |
| Catégories | françaises, argent |
Les petites pièces d'argent de la IIIe République portent toutes la Semeuse d'Oscar Roty : 50 centimes, 1 franc et 2 francs, frappés de 1897 à 1920 en argent à 835 ‰. On les reconnaît à la femme au bonnet phrygien qui sème vers la gauche, face au soleil levant, et à leur tranche cannelée. Frappées par centaines de millions, surtout pendant la Première Guerre mondiale, elles remplissent encore beaucoup de boîtes de famille.
La Semeuse, pieds nus, coiffée du bonnet phrygien, avance vers la gauche en lançant des graines ; le soleil se lève à l'horizon. Légende « REPUBLIQUE FRANÇAISE », signature « O. ROTY ».
La valeur faciale (« 50 CENTIMES », « 1 FRANC » ou « 2 FRANCS ») au-dessus d'un rameau, le millésime en dessous et la devise « LIBERTE EGALITE FRATERNITE ». Deux différents encadrent la date : la corne d'abondance de la Monnaie de Paris et la torche d'Henri Patey, graveur général. Une lettre C sous la date signale l'atelier de Castelsarrasin (1914).
Le tableau retient, pour chaque pièce, les premières années, les dates à faible tirage et les grands tirages de la guerre. Les dates à surveiller sont le 1 franc 1900, 1903 et 1914 C, le 2 francs 1914 C et les petits tirages du 2 francs (1900, 1913). Le 50 centimes 1897 est la première année de la série.
| Année | Pièce | Tirage | Remarque |
|---|---|---|---|
| 1897 | 50 c | 88 000 | Première année du type, existe aussi sur flan mat. |
| 1898 | 50 c | 30 000 000 | Existe aussi sur flan mat. |
| 1898 | 1 F | 15 000 000 | Première année du franc. Existe aussi sur flan mat. |
| 1898 | 2 F | 5 000 000 | Première année du 2 francs. Existe aussi sur flan mat. |
| 1900 | 1 F | 99 097 | Date rare du franc. Existe aussi sur flan mat. |
| 1900 | 2 F | 500 000 | Faible tirage. Existe aussi sur flan mat. |
| 1903 | 50 c | 2 221 828 | Tirage modeste pour un 50 centimes. |
| 1903 | 1 F | 472 283 | Date rare du franc. |
| 1904 | 2 F | 1 500 000 | Tirage modeste. |
| 1909 | 2 F | 1 000 265 | Tirage modeste. |
| 1911 | 50 c | 1 329 503 | Plus faible tirage courant du 50 centimes. |
| 1913 | 2 F | 500 000 | Plus faible tirage parisien du 2 francs avec 1900. |
| 1914 | 1 F | 14 361 102 | Paris, sans lettre. |
| 1914 C | 1 F | 43 421 | Castelsarrasin. Date la plus rare de la série. |
| 1914 C | 2 F | 461 647 | Castelsarrasin. Faible tirage. |
| 1916 | 50 c | 52 962 657 | Plus fort tirage du 50 centimes. |
| 1916 | 1 F | 92 029 179 | Plus fort tirage de toute la série. |
| 1916 | 2 F | 17 886 653 | Plus fort tirage du 2 francs. |
| 1920 | 50 c | 8 508 560 | Dernière année. |
| 1920 | 1 F | 19 321 795 | Dernière année. |
| 1920 | 2 F | 3 013 677 | Dernière année. |
Tirages d'après les fiches BDOR des trois pièces. Les chiffres du 1 franc 1914 C (43 421) et du 2 francs 1914 C (461 647) sont confirmés par Coin Varieties, qui cite le catalogue Gadoury. Pour le 2 francs, BDOR ne recense aucune frappe en 1903, 1906, 1907 et 1911. Les flans mats de 1897, 1898 et 1900 sont inclus dans le chiffre de l'année.
La Semeuse a été reprise sur plusieurs pièces plus récentes, souvent mélangées aux pièces d'argent dans les boîtes. Quelques repères suffisent pour les trier :
Le plus simple reste la date : une Semeuse de 50 centimes, 1 franc ou 2 francs datée de 1897 à 1920 est en argent. Le poids confirme : 2,5 g, 5 g ou 10 g selon la pièce.
L'atelier de Castelsarrasin. En 1914, au début de la guerre, une partie de la frappe est déplacée à Castelsarrasin, dans le Tarn-et-Garonne, par crainte d'une chute de Paris. Le 1 franc et le 2 francs de cet atelier portent un petit C sous la date. Ce sont les deux variétés les plus recherchées de la série. Vérifiez la lettre à la loupe : un C ajouté après coup, gravé ou collé, se repère à son relief irrégulier et aux traces d'outil autour.
Les flans mats. Pour 1897 (50 centimes), 1898 et 1900, il existe des exemplaires frappés sur flan mat : le fond n'est pas brillant mais finement grenu, d'aspect velouté. Ils sont bien plus rares que les pièces ordinaires du même millésime.
Les faux. Des faux d'époque ont circulé, coulés ou frappés dans un métal commun. Les contrôles de base suffisent souvent : un poids juste (2,5 g, 5 g ou 10 g), un aimant qui n'accroche pas, une tranche cannelée régulière, un dessin net sur les plis de la robe. Un faux coulé montre souvent de petites bulles et des contours mous. Voir reconnaître une fausse pièce.
Ces pièces ont beaucoup circulé avant 1914, puis ont été massivement thésaurisées pendant la guerre. On trouve donc les deux extrêmes : des exemplaires très usés et des pièces presque intactes mises de côté.
Pour une date rare comme 1914 C, l'état compte beaucoup ; les exemplaires connus sont souvent peu usés, la pièce ayant été gardée dès sa sortie. Ne frottez pas une pièce noircie : la patine protège le métal et un nettoyage laisse des traces définitives. Voir nettoyer une pièce et les états de conservation.
En 1895, le ministre des Finances Paul Doumer veut renouveler l'image de la République sur les monnaies d'argent. Il confie le dessin à Oscar Roty, graveur de médailles. Le premier 50 centimes sort en 1897 et rencontre tout de suite le succès auprès du public : la Semeuse, dans un style proche de l'Art nouveau, rompt avec les effigies figées du XIXe siècle. Le 1 franc et le 2 francs suivent en 1898.
La frappe continue sans interruption jusqu'en 1920. Pendant la Première Guerre mondiale, les tirages explosent, mais le public garde les pièces d'argent : elles disparaissent de la circulation et les communes, les chambres de commerce et les commerçants émettent des monnaies de nécessité. Après la guerre, le métal blanc devient trop coûteux pour de si petites coupures. Les chambres de commerce mettent en circulation des jetons en bronze-aluminium et la loi du 25 juin 1928, qui crée le franc Poincaré, démonétise les Semeuse d'argent.
Le dessin de Roty n'a pas disparu pour autant : il revient sur les pièces du nouveau franc en 1960, puis sur les 10, 20 et 50 centimes d'euro français. Voir les monnaies de la IIIe République.
Ces pièces n'ont jamais été frappées à Strasbourg : l'atelier BB ne frappe plus de monnaies françaises après 1870. De 1871 à 1918, l'Alsace, rattachée à l'Empire allemand, utilise le mark ; les Semeuse d'avant 1918 qu'on retrouve aujourd'hui dans les familles alsaciennes sont donc surtout arrivées après le retour à la France, avec les dates de guerre et de 1919-1920. Pour les monnaies propres à l'atelier BB, voir les monnaies de Strasbourg.
Si elle est datée de 1898 à 1920, oui. À partir de 1960, le 1 franc Semeuse est en nickel. Le poids tranche : 5 g pour l'argent, 6 g pour le nickel.
Regardez sous la date, au revers : un petit C indique l'atelier de Castelsarrasin. Il n'existe que sur le 1 franc et le 2 francs de 1914. Sans lettre, la pièce vient de Paris.
Surtout le 1 franc 1900, 1903 et 1914 C, le 2 francs 1914 C, 1900 et 1913, et le 50 centimes 1897. Les années de guerre, de 1915 à 1919, ont été frappées par dizaines de millions.
Non. Montrez-la telle quelle lors d'une estimation gratuite : un numismate juge mieux une pièce dans sa patine d'origine.