Refrappe officielle, frappe d'époque ou imitation
Trois indices orientent : l'aspect, la broche et l'aigle. Une refrappe de la Monnaie de Vienne d'après 1946 arrive en général sans usure, avec des reliefs nets et un champ brillant ; une pièce d'un poids et d'un dessin corrects mais sans aucune trace de circulation est presque toujours une refrappe récente. Les frappes d'époque de Günzburg ont une broche d'un dessin particulier (type I du classement) ; les variétés viennoises anciennes ont une broche à perles, dont le nombre varie de quatre à huit. Au revers, les plumes de la queue de l'aigle, disposées en 1-3-1 depuis 1853 et en 1-2-1 sur les frappes britanniques et indiennes de 1936 à 1961, aident à classer les refrappes du XXe siècle.
Attention : aucun de ces indices ne suffit seul. Les initiales S. F. figurent aussi sur les refrappes, et certains détails dits « de refrappe » existent sur des pièces anciennes. L'attribution précise demande une comparaison avec le classement Hafner.
Les imitations de circulation, fabriquées localement en Afrique ou au Proche-Orient, pèsent souvent moins de 28 g et sont parfois en métal sans argent : elles se repèrent au poids. Les faux modernes destinés aux collectionneurs visent les variétés rares et se trahissent surtout par un poids inexact ou une tranche mal lettrée. Les contrôles de base sont dans le guide reconnaître une fausse pièce.
Thaler de Marie-Thérèse : les pièces à ne pas confondre
Les thalers de Marie-Thérèse à date réelle (1741 à 1780), frappés de son vivant : le millésime varie et le portrait change selon les années. Un thaler daté 1780 n'en fait pas partie, sauf frappe d'époque de cette même année, difficile à prouver.
Les thalers de convention d'autres souverains de la même époque (Joseph II, Léopold II, princes allemands) ont un format proche, mais leur légende et leur portrait sont différents.
Le tallero d'Érythrée, créé par l'Italie en 1890 pour concurrencer le thaler dans la Corne de l'Afrique, porte le buste du roi Humbert Ier. Les thalers de Ménélik II, frappés pour l'Éthiopie, montrent l'empereur et le lion éthiopien.
Les médailles et éditions spéciales de la Monnaie de Vienne, comme la série de 2017 pour les 300 ans de la naissance de Marie-Thérèse, reprennent le portrait mais portent une autre date ou une mention commémorative. Enfin, les copies de souvenir en métal argenté pèsent nettement moins et sonnent mat. Pour les autres pièces d'argent, voyez la rubrique monnaies d'argent.
Thaler de Marie-Thérèse : les états de conservation
Beaucoup de thalers ont réellement circulé, parfois pendant des décennies, en Éthiopie, au Yémen ou dans le golfe Persique. L'usure se lit d'abord sur l'avers : les plis du voile, la broche et le haut du buste s'aplatissent en premier, puis la joue et le menton. Au revers, la couronne et les petits quartiers de l'écu central perdent leur dessin, ainsi que les plumes des ailes. La tranche lettrée s'use aussi : une inscription effacée ou des ornements écrasés trahissent un long usage.
Les thalers ayant servi en Afrique portent souvent des marques : poinçons de contrôle, coups, traces de bélière ou de soudure quand la pièce a été portée en parure. Ces traces racontent l'histoire de la pièce mais en font des exemplaires de moindre intérêt pour un collectionneur de variétés.
Les refrappes récentes, elles, sont neuves : les défauts à regarder sont les marques de contact et les taches. L'argent noircit avec le temps ; une patine régulière est normale. Le guide nettoyer une pièce explique pourquoi il ne faut pas la retirer, et le guide états de conservation présente l'échelle utilisée.
Thaler de Marie-Thérèse : histoire
Marie-Thérèse règne sur les possessions des Habsbourg de 1740 à 1780. Les premiers thalers à son nom sont frappés en 1741. En 1750, un nouveau pied monétaire fixe le thaler à un dixième de marc de Vienne en argent à 833 millièmes, soit environ 23,39 g d'argent fin ; la convention monétaire de 1753 avec la Bavière étend cette norme à une grande partie de l'Allemagne. Après la mort de l'impératrice en novembre 1780, les ateliers continuent de frapper son thaler avec la date de 1780, sans plus jamais la changer.
La pièce a été adoptée par les marchands bien au-delà de l'Europe : en Éthiopie dès le XVIIIe siècle, en Arabie, au Yémen, à Mascate et jusqu'en Inde. Les populations voulaient ce modèle précis, ce qui a obligé les puissances à le reproduire. Le 19 septembre 1857, François-Joseph en fait officiellement une monnaie de commerce ; le thaler cesse d'être monnaie légale en Autriche le 31 octobre 1858, mais sa frappe continue pour l'exportation.
Au XXe siècle, l'Italie obtient en 1935 une concession de frappe de 25 ans, puis la Grande-Bretagne en frappe des millions à Londres et à Bombay, notamment pour la campagne d'Afrique orientale pendant la Seconde Guerre mondiale. À la fin de la concession, en 1961, l'Autriche demande aux autres pays de cesser leurs frappes ; le Royaume-Uni s'y range en 1962. La Monnaie de Vienne reste depuis le seul fabricant officiel. Retrouvez d'autres monnaies d'Europe centrale dans la rubrique monnaies étrangères.